La recette : gérer le contre-jour (préparatifs de mariage à l’Hôtel du Palais à Biarritz)

on est à contre-jour là, c’est pas grave ?

Voilà une phrase que l’on entend régulièrement au cours de nos reportages. Cette règle interdisant le contre-jour semble se transmettre de génération en génération comme un mantra… Pourtant, lorsque nous avons la possibilité d’avoir un contre-jour, nous, photographes, sautons sur l’occasion.

Un contre-jour est en effet l’opportunité de saisir deux versions radicalement différentes d’une même scène. Deux versions au parti pris esthétique fort, et qui peuvent se décliner en plusieurs nuances.

Etudions la question avec ces préparatifs de mariage se déroulant dans une chambre du Grand Palais à Biarritz.

Les images de cette série ont été réalisées grâce à la mesure spot de l’appareil photo. Ce mode permet de mesurer l’exposition sur une petite partie de la scène (contrairement à la mesure globale qui prend en compte la totalité du cadre de la photo). Ainsi, avec un peu de pratique, on peut décider très vite du sujet que l’on veut bien exposer : on le vise, on mémorise l’exposition mesurée, et on recadre à loisir.

Version 1 : l’effet silhouette

silhouette de la mariée au cours des préparatifs

Nikon D600 + Nikon 50mm f1.4 / 100 iso ; f3.2 ; 1/1600sec

 Ici j’ai opté pour une exposition de la scène mettant en exergue les silhouettes des protagonistes. Cette « mise en silhouette », convient bien pour souligner le profil d’un visage, elle est moins pertinente sur un portrait de face. Ceci dit, une simple silhouette de visage n’exprime pas grand chose et c’est pourquoi j’ai attendu que quelque chose d’autre se passe avant de déclencher. Ici la maquilleuse s’apprête à intervenir sur le visage de la mariée. L’action reste compréhensible grâce au fait que chaque silhouette se détache devant la lumière de la fenêtre, mais également parce que les silhouettes ne se chevauchent pas ce qui facilite la lecture de l’image.

Pour atteindre ce résultat d’exposition, j’ai tout simplement utilisé le mode « mesure spot » en visant un objet à l’extérieur et en mémorisant l’exposition obtenue : ainsi l’extérieur est bien exposé tandis que l’intérieur est plongé dans la pénombre (NB : j’ai visé et exposé pour la mer à l’extérieur, en recadrant la mer est sortie de l’image, il ne reste que le ciel laiteux – d’où cette grande partie très claire).

variante : garder quelques détails dans la pénombre

maquillage de la mariée

Nikon D600 + Nikon 50mm f1.4 / 100 iso ; f2.2 ; 1/1400sec

 Ici, la mariée était positionnée de telle façon que seule une partie de son visage pouvait s’aligner avec le contre-jour de la fenêtre. Voulant tout de même jouer avec l’effet silhouette j’ai décidé d’exposer pour l’extérieur, comme précédemment. Mais si j’avais gardé la même exposition nous aurions eu une grande partie de l’image plongée dans le noir total et nous n’aurions pas distingué les geste de la personne de droite. Or la scène était intéressante à mon sens parce que la mariée, calme, était manipulée simultanément par sa maquilleuse et sa coiffeuse. Pour faire ressortir cette double action il m’a donc fallu surexposer de 1 IL (1 diaph.) par rapport à la mesure spot effectuée sur l’extérieur. J’ai également shooté à de nombreuses reprises pour obtenir que mains et pinceau se détachent de la silhouette de la mariée.

Version 2 : l’effet contre-jour éclatant (dénomination non-officielle…)

mariée au maquillage, Grand Palais, Biarritz

Nikon D600 + Nikon 50mm f1.4 / 640 iso ; f2.8 ; 1/125sec

 Pour cette image j’ai souhaité exposer pour le visage de la mariée. En effet, ce qui me plaisait dans la scène était le contraste entre la concentration de la maquilleuse et la sérénité de la mariée. Il fallait donc pouvoir voir le visage de celle-ci. Le fait de se positionner face à un contre-jour violent (ici provenant de la fenêtre) permet de plonger la scène dans un voile doucereux qui diminue les contrastes et met en bien en valeur les visages. Ce voile est dû à la forte lumière provenant de la fenêtre qui se répercute dans les méandres des lentilles de l’objectif en créant une lumière parasite : le fameux « flare ». Il est ici bienvenu.

Pour cette exposition il m’a fallu tout simplement viser le visage de la mariée en mesure spot.

variante :

mariége à Biarritz, la mariée dans un nuage de laque

Nikon D600 + Nikon 50mm f1.4 / 110 iso ; f2.2 ; 1/125sec

En sous-exposant par rapport à une mesure spot sur le visage de la mariée (de 2,5 IL) on obtient plus ou moins le même résultat que dans la 2ème photo présentée. Toutefois ici les visages restent bien visibles tandis que l’extérieur est toujours « cramé ». A noter que le contre-jour est idéal pour mettre en valeur la fumée, la pluie… toute matière translucide.

Une autre utilisation du contre-jour

mariage à l'Hôtel du Palais à Biarritz

Nikon D800e + Nikon 28mm f1.8 / 220 iso ; f2.8 ; 1/125sec




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