La recette – la photo du Pic du Midi d’Ossau

Dans quelques temps, et à la demande générale, nous ouvrirons un nouveau site web dédié aux stages photos et à la vente de nos images de paysages (mer & montagne). Nous vous en reparlerons le moment venu, mais en attendant, et pour vous faire patienter : une recette sur une photo de montagne !…

On ne peut pas être photographe à Pau sans avoir dans son book au moins une photo de l’Ossau.

Plus qu’un simple symbole des montagnes du Béarn, l’Ossau est également un sommet de forme atypique, reconnaissable entre tous. Par ailleurs, il semble souvent mettre en scène son propre surgissement ; il est toujours surprenant, impressionnant, émouvant.

Cette photographie de l’Ossau à été prise au cours d’un weekend de stage de photographie en montagne. J’avais amené mes stagiaires camper sur un plateau ignoré dont l’extrémité ouest propose une vue splendide sur le sommet totem de la vallée.

Le samedi soir cependant, le plafond nuageux nous dissimulait les sommets. Seules quelques trouées permettaient au soleil de nous offrir de beaux jeux de lumières.

 La photo ci-dessous à été prise en fin d’après-midi dans le même axe que la photo étudiée.

Plateau de Cézy, fleurs et lumières

Nos weekends photos sont souvent très denses, on n’en perd pas une miette. Après les images du coucher de soleil, nous passons « à table » en attendant que la nuit soit bien noire pour faire des images des montagnes sous les étoiles.

Ce soir là, vers 22h, le ciel commence à se dégager. C’est alors que l’Ossau nous joue un tour fabuleux…

Comme il n’y a pas de lune, nous ne voyons pas grand chose au-delà du faisceau de nos lampes. Seules nos images en poses longues nous permettent de percevoir le paysage éclairé par la lueur des étoiles. Quelques sommets surgissent ça et là, mais l’essentiel est encore sous les nuages.

Pour terminer cette session de photos nocturnes nous abordons le « Light Painting » ; cette technique consiste à éclairer avec une lampe les objets à photographier afin qu’ils surgissent dans le noir. Après quelques angles autour de notre tente, une stagiaire se glisse dedans pour l’éclairer de l’intérieur.  Je change d’axe de prise de vue et attends la fin des 20 secondes de pose pour découvrir l‘image ; c’est alors qu’on le voit sur la photo : l’Ossau émergeant des nuages ! Il est pourtant invisible à l’œil nu.

Light Painting sur une tente en montagne et Ossau

Nous nous couchons avec cette impression étrange de l’avoir vu sans l’avoir vu… Quelles sont ses dimensions réelles ? C’est difficile à imaginer. J’attends le petit jour en espérant que le ciel soit suffisamment dégagé.

6h30. Au premier regard, je sais que je tiens la bonne photo… Le temps de m’extirper de mon sac de couchage et d’installer le trépied, la lumière devient parfaite avec ce très léger rosissement sur le « rein de Pombie », cette longue pente douce sur la gauche du sommet.

Il n’y a pas un souffle de vent ce qui me permet de pouvoir choisir tout mes réglages sans craindre de flou de bougé :

– 100 iso : pour une qualité optimale, sans bruit

– f/4 : parce que mon 85mm f/1.8 donne son plein potentiel à cette ouverture là (il faut savoir qu’un objectif aura ses meilleures performances à environ 2diaph plus fermé que son ouverture maximale) – ici le premier plan étant très éloigné la réflexion sur la profondeur de champs n’a pas lieu d’être ; la netteté aurait été totale quelque soit l’ouverture.

– 20s de temps de pose : pour la bonne dose de lumière. Dans de telles conditions de prise de vue j’utilise la fonction bracketing de mon appareil photo. Cette fonction permet de prendre 2 images supplémentaires avec 2 autres réglages de luminosité (ici +0,7diaph et -0,7diaph d’écarts autour de l’exposition initiale). Cela permet de choisir en post-production la meilleure exposition. L’équilibre est ici délicat. Toutefois, avec l’expérience, je constate que la meilleure photo est souvent celle avec l’exposition initialement choisie…

Réduction du bruit pose longue activée : Lors des poses longues (plus d’une seconde) le capteur chauffe et des photosites n’en pouvant plus créent des jolis pixels rouges, verts, ou bleus (le bruit). Ce réglage impose à l’appareil de prendre une autre photo immédiatement après la première, avec le même temps de pose mais le  diaphragme fermé. Les photosites ayant surchauffés la première fois, surchauffent à nouveau (mais cette fois-ci sur fond noir vu que le diaph est fermé), et le logiciel de l’appareil peut ainsi repérer les pixels brûlés lors de la prise de vue originale afin de les en supprimer et de les remplacer par les couleurs des pixels avoisinant (c’est clair ? j’ai fait un effort hein…).

Ci-dessous, la planche contact montrant 6 photos prise dans le même axe en l’espace d’une heure. On y voit la disparition de la couleur bleu nocturne au profit de la lumière du jour. Mais aussi la disparition des nuages qui participent à la force de la première image.

Planche contact Pic du midi d'Ossau

La première image de la journée est la bonne. Le post-traitement sous Lightroom 4 consiste à recadrer l’image initiale au format 16/9e (encore lui !), d’accentuer la présence des nuages grâce à l’outil « Clarté« , de faire dériver la balance des blancs encore plus vers les bleus et enfin d’augmenter localement la saturation du rouge sur le rein de Pombie.

Pic du midi d'Ossau au lever du jour

Long Nota Bene : le réglage de la balance des blancs est très délicat dans de telles situations, lorsqu’ il y a une forte dominante de couleur. Si jamais je l’avais mesurée sur place, les tonalités auraient été plus neutres et la photo plus grise perdant son intérêt et falsifiant les couleurs vues.

La balance des blancs ne permet pas d’accéder à la vérité de la couleur, elle permet juste de faire correspondre l’interprétation de l’œil avec l’interprétation de l’appareil photo. Ici elle était réglée en automatique ce qui à légèrement corrompu le bleu initial qu’il a donc fallu retrouver en post-production. Lors de l’utilisation du format de prise de vue RAW, la correction de la balance des blancs en post-production n’altère en rien la qualité de l’image ! C’est pourquoi je laisse la plupart du temps ce réglage en auto, tout en vérifiant tout de même que le résultat proposé par l’appareil n’est pas trop éloigné de ma vision (auquel cas j’ajuste à la prise de vue).




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